Mis à jour le 3 novembre 2026
Garde à vue, défèrement, comparution immédiate ?
Un avocat pénaliste vous répond 24 h/24 et 7 j/7, à Paris, en Île-de-France et partout en France.
Un appel du commissariat, un proche qui ne rentre pas, un message laissé par un ami : la garde à vue d'un proche survient sans prévenir. Les premières heures comptent. Voici, point par point, ce que la famille peut faire, ce qu'elle ne peut pas faire, et comment un avocat pénaliste intervient, à Paris, en Île-de-France et partout en France.
En bref
- La personne gardée à vue peut faire prévenir un proche et son employeur : l'avis doit en principe être donné dans les trois heures (article 63-2 du Code de procédure pénale).
- Un proche peut désigner un avocat ; la personne gardée à vue doit ensuite confirmer ce choix (article 63-3-1).
- La garde à vue dure vingt-quatre heures, prolongeables une fois de vingt-quatre heures dans la plupart des cas (article 63).
- La famille peut préparer, dès maintenant, les justificatifs qui serviront si la personne est déférée devant un juge.
Comment savoir qu'un proche est en garde à vue ?
La personne placée en garde à vue a le droit de faire prévenir, par téléphone, une personne avec laquelle elle vit habituellement, un parent en ligne directe, un frère ou une sœur, ou toute autre personne qu'elle désigne, ainsi que son employeur. Cet avis doit intervenir au plus tard dans les trois heures suivant sa demande, sauf circonstance insurmontable ou décision contraire du procureur de la République lorsque l'enquête l'exige (article 63-2 du Code de procédure pénale).
Si vous n'avez reçu aucun appel mais pensez qu'un proche a été interpellé, vous pouvez contacter le commissariat ou la gendarmerie du lieu où il se trouvait. Les enquêteurs ne communiquent pas toujours les détails de l'affaire, mais ils peuvent indiquer si la personne est retenue et recevoir le nom de l'avocat choisi par la famille.
La famille peut-elle choisir l'avocat ?
Oui. La personne gardée à vue peut demander l'assistance d'un avocat de son choix dès le début de la mesure. Lorsqu'elle a fait prévenir un proche, celui-ci peut également désigner un avocat ; la personne gardée à vue doit ensuite confirmer cette désignation. Si l'avocat choisi ne peut pas se présenter dans un délai de deux heures, un avocat commis d'office est désigné par le bâtonnier (article 63-3-1 du Code de procédure pénale).
En pratique : appelez l'avocat, donnez-lui le nom complet de votre proche, sa date de naissance et le service qui le retient, puis indiquez aux enquêteurs le nom de l'avocat désigné. L'avocat se met en relation avec le service et se déplace.
Que fait l'avocat pendant la garde à vue ?
- Un entretien confidentiel de trente minutes au plus avec la personne gardée à vue, renouvelable en cas de prolongation (article 63-4).
- La consultation de certaines pièces : le procès-verbal de placement en garde à vue et de notification des droits, le certificat médical et les procès-verbaux d'audition de son client (article 63-4-1).
- L'assistance pendant les auditions et confrontations, si la personne le demande (article 63-4-2), et la possibilité de poser des questions et de présenter des observations écrites.
- Le conseil sur le droit de se taire, sur les déclarations à faire ou non, et sur la suite probable de la procédure.
L'avocat ne peut pas communiquer à la famille le contenu de l'entretien sans l'accord de son client, ni les éléments du dossier couverts par le secret de l'enquête. Il peut en revanche informer les proches de la situation générale et de ce qu'il faut préparer.
Combien de temps dure une garde à vue ?
Vingt-quatre heures au plus. La mesure peut être prolongée une fois de vingt-quatre heures, sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République, lorsque l'infraction est un crime ou un délit puni d'au moins un an d'emprisonnement (article 63). Pour certaines infractions relevant de la criminalité organisée, la durée totale peut atteindre quatre-vingt-seize heures (article 706-88).
Que préparer pour la suite ?
Si votre proche est déféré devant le procureur, puis jugé en comparution immédiate ou présenté à un juge, la question de sa détention se posera dans les heures qui suivent. Le juge tiendra compte de ses garanties de représentation. Rassemblez sans attendre, et transmettez-les à l'avocat :
- une pièce d'identité et un justificatif de domicile (quittance de loyer, facture, attestation d'hébergement signée avec la pièce d'identité de l'hébergeant) ;
- un contrat de travail, une promesse d'embauche, les derniers bulletins de salaire ou un certificat de scolarité ;
- les justificatifs de sa situation familiale (enfants à charge, conjoint, parent malade) ;
- les documents médicaux utiles (traitement en cours, suivi) ;
- des attestations de proches ou d'employeurs, datées, signées et accompagnées d'une copie de la pièce d'identité de leur auteur.
Que se passe-t-il à la fin de la garde à vue ?
À l'issue de la mesure, plusieurs suites sont possibles : la remise en liberté sans suite immédiate, une convocation ultérieure devant le tribunal, une proposition de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), ou le défèrement devant le procureur de la République. Le défèrement peut conduire à une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel ou à la présentation à un juge d'instruction. À ce stade, la personne a droit à l'assistance d'un avocat, qui peut consulter le dossier et présenter des observations (article 393 du Code de procédure pénale).
Ce qu'il vaut mieux éviter
- contacter la victime, les témoins ou les autres personnes mises en cause ;
- publier quoi que ce soit sur les réseaux sociaux au sujet de l'affaire ;
- vous rendre au commissariat pour « expliquer » les faits sans l'avis d'un avocat : vos déclarations peuvent être versées à la procédure.
Garde à vue, défèrement, comparution immédiate ?
Un avocat pénaliste vous répond 24 h/24 et 7 j/7, à Paris, en Île-de-France et partout en France.